25 août 2008
Poems - 15
Le chant de la terre
Rude veillée ce soir, la flamme peine
tandis que l’asphalte meurt de froid
Vivement la levée, la lune est pleine
Ô évidence, éclat, soignez-moi
Mon âme succombe sur la nuit pourpre
La plaie noire s’ouvre en rêvant
Quand l’illusion lacère ma chair âpre
Dans l’air s’élance – une danse – mon sang
Quelle lente torture, tordue et obscure
Le supplice intérieur, une cigarette
pour chaque instant - l’infini impur –
quand ma tête joue à la devinette
Oh si peu de réponses ces temps-ci
Sauf ce soir, peut-être un espoir
Si triste, je me lève, survis
Une marche, léger, plus loin que tard
Le chant des routes et de la terre,
Les caresses des arbres portés par le vent
Il neige des feuilles, des lucioles et des éclairs
L’univers chante tellemment
On annonce la naissance mystique
Mon coeur crie gonflé d’or
Bouleversé, joie initiatique
L’amour pour un peu de réconfort
Onicosmo, 25/08/08
09 août 2008
Nouvelle - [4]
Ce morceau est une introduction
préalable, à écouter avant de commencer la lecture, pour ceux qui ont
le temps. Le morceau de la nouvelle même est celui de Steve Reich, à
écouter pendant la lecture.
Bonne lecture!
Discover Philip Glass!
Et ?
Discover Steve Reich!
Désillusion enchanteresque, la vie
s’écoule dans les vases boueux des caves annihilées. Chargez la commande de
frocs délavés, oubliez l’argent construit sur de la gentillesse mal-famée. Les
hommes fous sont dehors. Ils attendent sans attendre, ils crèvent de nous voir.
Et je n’ai rien pour les rendre jaloux. Clou de l’histoire - c’est parmis ces
hommes que j’ai grandi. Passez les quelques années à me mettre au travail, les
quelques instants d’apprentissage, la musique gigotte comme tu pourrais cuire un
morceau de viande. Et les idées dépassent l’antre du centre humainement
imaginable. L’onde vibre et dépasse ce que l’infini a de sensé à proposer.
L’acte d’éveil est le plus joli
mouvement de l’âme. « Debout » n’est qu’un résidu de violence chargé
d’autorité paternelle. Et on active les enfants pour dix sous, sans aucuns
scrupules. On est le départ tant attendu, où sont les femmes crevantes, où est
ce que j’aime le plus au monde ? Pourquoi s’en aller ? Pourquoi,
simplement. « N » n’est pas une lettre mais une avancée, l’âme
rebondit toujours sur ses acquis desquels jaillissent les enfants terribles.
Sauvages repères d’esprits controversés, et la révolte se prépare. Répétitive
section de répétitions. C’est l’habitude qui s’en va pour donner sa place
contre quelques mies de pain, quelques bouts d’amour, quelques
attendrissements.
Jouez, s’il-vous-plaît. Participez à
l’action globale. Animez les enfants de vos doigts, et les marionnettes
cesseront d’être en bois. L’acier colossal envahit la terre saine, et la terre
saine envahit nos pensées sous des prétextes politiques et le poète est oublié,
et le romancier s’adonne aux plaisirs outranciers.
Quartiers, gare, jamais s’en aller
sans prévenir. Dieu patiente avant ton arrivée. Quête déterminée par l’envie de
la dynamique intérieure. Et j’explore les contrées infinies de l’inconnu.
Souriez bande d’imbéciles. Dites merci !
Vaniteux plaisirs, conscience,
inconscient, ça et là, de ci de là et on s’en va toujours plus loin. Acte
répétitif et dépassé. Vieille peau morte qui s’acharne à trouver le retour
difficile. Et si la poussière n’est pas inanimée, et si l’espace se laisse
sublimer, alors nous sommes dans la mauvaise voie. Et si mes sentiments se
contredisent, et si j’arrête maintenant de parler, qu’adviendra-t-il des mes
amours perdus ? Majuscule puissante, nom propre verdâtre. Et la nature
défile comme l’âme s’emplit de plaisir. Et les feuilles sont d’un vert d’été,
et les champs rayonnent d’un jaune anodin, et le brun se confond avec le bleu
du ciel nocturne. Le crépuscule est prêt à tomber.
Au nouveau jour j’offre un présent
bien futuriste, quelques fleurs délavées qui bientôt fleuriront. Le voyage
s’annonce long et lent, rapide sera la décision. L’amour m’a déjà transporté.
Si j’ai besoin d’un addictif, je le prendrai, et si mon choix n’est pas
conditionné, quelle entité l’a donc effectué ?
Ejaculation précoce
L’enfant effrayé est féroce
Simple retour aux frayeurs,
L’âme n’hésite jamais à aimer le
menteur.
Déceler les envies dissimulées,
Oublier les contrées connues,
Exploser en une frontière cachée
Acceptation défendue
Objection retenue
Les vagues sont déchainées contre le
vieux sable qui tous les jours s’empresse de la satisfaire. Et la guitare du
chanteur entamme une délicieuse ballade cantonée, et les accords subissent les
variations du vent insolent. Et le claquement du fil musical sur le mur du
visible séduit l’ensemble de l’assemblée, Pompéi résonne encore comme un port
trop vite abandonné. Rome est habitée par l’esprit du temps. Une promenade et
tu le sens, instantanément. Et tandis que les gens fuient vers l’avant, L’homme
suit la femme dans Rome. Et La romance peut alors commencer. Plaisirs charnels,
maux faciaux, colonne vertébrale.
Ancestrale avancée lyrique vers le
renouveau, le temps est perdu et nous reculons à reculons, petits pas de
sorcier bénis, et le luthier rumine seul dans son coin. Ses joues bourdonnent
accouphèniquement. Et le chasseur chasse et la France casse, le monde sourit
aux avenues aventureuses, le charme s’en va dans les ombres, pas de relâche,
pas d’histoire, tu es normal. Phase chaotique du plus difficle retour à la
maison, gestation de plomb inné, la fusion s’incarne et l’artiste gémit.
Expérience jugulée, Zoroastre renait et Zarathoustra s’envole, seul chef de la
destinée du néant car il ne mène à rien. Et l’amour corrompt la venue de
l’attendu et j’errai dans les joies éternelles du non-dit. Palissade féroce
d’écorce cornue, le casque entonne un cataclysme cyclique de mal-voyant. Jurons
sans annonce, les publicistes forment une collusion inattendue. Fermons les
clapets et jouons les claque-merdes. Pistil mistral, blizzard de force élancé
dans l’avenir, un rejeton reconnu.
Géniaux fils de Dieu, abandon de la
mère qui sussure l’envie, la pomme rougit et s’évanouit de honte. Le pecheur
attrape sa proie et les pierres regorgent d’algues salvatrices. Soignons les
maux des mots, pénétrons l’intérieur attendrissant, violent coup de vent
ouragantesque et la divine comédie fait son affaire. Tendances apocalyptiques
de renaissance inespérée, magnétique relfet d’éléments cajolés à outrance. Je
parcours les envers, par endroits salissants, et la crasse pénètre ma peau
comme cette aiguille qui grignottent les caillots sechés. Giclements chypriotes
génocidaires, conflits d’aimés, samplings des histoires dépassées. La
nourriture céleste de l’âme s’éfface et rentabilise l’effort surhumain de la
survie, l’Afrique crie à la trahison.
Morts, mythes façon « maniaque » qui
serre un bout de sein. Les bras bougent et rigolent sans pour autant saluer les
prouesses qu’on a éventrées. Nos efforts nous conduissent au devant d’une scène
inconnue, pour ainsi dire disparue. L’inquiétude est totale. Ce long voyage
pour un si piètre résultat et je suis las de tout ça. Mon rythme s’achève, et
j’envoie des ondes négatives juste en disant « oui ».
« Oui » à quoi ? A quoi peut-on se raccrocher, positif vous
serez, poussière d’espoir. Comment peut-on encore voir ce qu’il faut croire, et
pourquoi l’ère est-elle marquée par le pardon ? Surhomme fallacieux,
gentilhomme paresseux, glouton déficient qui calcule l’enfer des enfants. Les
noces se font attendre, elles sont attendues. Je cours et tente l’envol,
s’il-vous-plait, un peu d’autorité. Plissez les draps, nos voitures défilent
aussi vite que nos rois, les héros suffisent à tromper l’égo, nous aurons
bientôt assez d’argent pour l’enterrement universel.
Un coup violent vient me troubler,
et je passe quelques secondes dans le noir le plus incomplet. Brilliant
surgissement de lumière calamiteuse, un faible rayon jaunâtre s’élève des espaces
libérés, et le malheureux comme le décharné rêvent à nouveau. On offre une
récompense, un renouveau. Les images semblent jolies et la télé nous produit.
Dieu que je me sens bien. Avec tout ce qui reste de noble et de sacré, on fait
rentabilité, croisade et rigidité, morale cathodique, le tube est oppressé.
Allez savoir ce que je veux, vers quoi courons-nous, vers demain ? Il nous
semble que nous avancions à reculons, car il y a peu, un homme poétique,
trouble-fête politique nous a rappelé
vers quoi nous tendions, et la danse avait déjà commencé : à tous les
envieux j’offre cette ancienne mais terrible sentence : du pain et des
jeux (et un gros tas de chimères).
Onicosmo, 31/07/08.
Nouvelle - [3]
Bonne lecture à vous!
Discover Philip Glass!
Bout d’heurt
Les évasives fillettes qui leurs couraient autour avaient, de façon
inespérée, envahi le boudoir, ce boudoir sec et sentimental. Un véritable antre
de luxure infantile. On pouvait lire sur les murs des paroles éparses, torchées
à coup d’encre délavée, « Surplus », « Lavande
crispée », « enfant terrible, relations implicites » et autres
graffitis sans envergure ni avenir. On avait, malheureusement, coloré les murs
de ce cloaque avec un brun pâle sans vie ni honneur, un brun quelconque qui rappelait
les vieux bordels des fifties, les relents des baby-boomers assèchés. Le
principe était simple : philosophie de métro, amours faciles, sexualité
débridée. Sade avait lancé un concept qui peu à peu s’était affaibli, peu à
peu, avec le temps, avait perdu son originalité. Ainsi, la philosophie
finissait par devenir des conversations envahies par des désirs masqués, plus
personne ne parlait pour réfléchir, le seul objectif, c’était de se ruer sur
ses camarades et en abuser, tant que c’est permis. Et ce boudoir-ci n’était pas
différent des autres, une odeur rance, des murs tristes et tendres, les fausses
arabesques. On fumait beaucoup, surtout dans ces fausses parades sexuelles.
L’ancien propriétaire avait eu le bon goût d’installer des bénitiers-cendriers
dans tous les coins, histoire de nous rappeler que le blasphème est un plaisir
et qu’il se doit de le rester. Il n’avait pas tort, le blasphème est universel
et ne cesse d’alimenter les pires grivoiseries. Et ça chantait à coup de
« Messire » et de « Lord », on s’adressait même aux parties
génitales avec toupet : « Pouvez-vous, Milord, décharger ! Que
je puisse m’en délècter ! ».
Rien de très original donc, si ce n’est un élément pertubateur, hautement
pertubateur, et pour le coup, assez marginal. Quand ils en parlaient, ça
finissait toujours dans des éclats à faire pâlir les zyggomatiques. Quand la
honte presse, on évacue. Une table, un jolie table ronde. Sa particularité, c’était
sa couleur. Un bleu profond, un bleu indigo fondu dans du marbre, noyé dans des
structures contemporaines. Cette couleur, contrastant avec férocité le brun
miteux qui emplissait la pièce, rendait l’objet de son application un peu trop
proéminent, à la limite du désirable. La table, cette camarade muette qui
regnait en maître sur l’assemblée, elle me faisait frissoner. Souvent, on lui
confiait nos biens les plus précieux : de l’alcool aux cigarettes, en
passant par les bijoux, les portes-monnaie, les montres et autres paires de
lunettes, sans doute parce que, par sa clarté sombre, elle mettait en valeur de
façon exacerbée la couleur de ces reliques et nous empechait donc de les
oublier, de les quitter des yeux. Aux premiers abords, c’est rassurant, il n’y
aura pas de vol pendant la scéance.
Ces jeunes filles avaient donc fini par accepter les offres. Elles sont
entrées une par une, fantasques, et elles jacassaient, frottant, par mégarde
inconsciente, leurs zones érogènes aux bords pointus disponibles sur ce vaste
baldaquin. Comme tout le monde, non par esprit grégaire mais par logique, elle
déposèrent les formalités précieuses sur notre jolie table ronde. A chaque
objet déposé, j’entendais son murmure silencieux, ricanant de la vanité. C’est
dans ce moment précis que l’excitation est à son comble. On balance à tout va
un maximum de quatre lieux communs servant de base aux éventuelles discussions
charnelles. Notre autel bleuté, lui, brillait de tous ses bijoux chers, de
toutes ses banalités aristocratiques. Et, alors que je contemplais sa
profondeur, déjà les corps nus s’étourdissaient dans des nuées sauvages de
chair suave, m’offrant le doux spectacle de la déprave. Les aller-retours
étourdissants de ces bassins froids m’hypnotisaient et je m’y perdais avec
bonheur. Pourtant, tandis que ceux-ci copulaient sans vergogne, ceux-là défèquaient
sans pudeur dans un seau. Et l’odeur se répendait avec appétit tandis que
l’étron attendait, flottant sur son eau vaseuse, le « lent strip-tease de
l’érosion ». Pensant tout ceci, je me laissait glisser, comme tout bon maître de cérémonie, à les regarder sans
y toucher. Et mon corps se faisandait par cette atmosphère lourde comme du
plomb.
Jusqu’ici, tout se passe à merveille. L’évacuation est en cours, et les
désirs grimpent. Les sentant atteindre leur paroxysme, je jetai un regard plus
avisé. Ca ne tenait qu’à des détails, mais quelque chose ne tournait pas rond.
Bizarrement, ce n’était plus la baise qui était importante, il me semble que
j’ai pensé cela en observant les regards. Ils étaient terrifiés, froids et
fixes. Ils convergeaient tous sur ce même point, le fameux meuble indigo avec
toute sa camelotte. Et on n’arrêtait pas de se remuer – bien-sûr – mais on ne
pouvait détourner son regard de cette table qui nous exposait à nous-même, nous
surveillant sans cesse. Vint cet instant improbable, celui-ci qui m’a
déstabilisé à jamais. L’une des filles, alors qu’elle se faisait
« chatouiller L’oracle mauve » comme ils disaient, commençait à
avoir le visage déformé, tant son regard était tourné vers l’arrière, fixant
toujours la même chose. Et elle regardait, pleine d’attention, ce joli collier
suisse, en or massif. Le bijoux se tenait au centre de deux chainettes tressées
comme des corps de serpents, corps qui tournoyaient autour du clapet qui
permettait d’ouvrir la pierre et d’y apercevoir la photo, la sienne. Quelque
chose montait dans l’air, elle gémissait de plus en plus bruyamment, geignant,
non plus par plaisir, mais par honte et par tristesse. Son joli minois de
fillette sali par toute cette horreur, ce beau portrait éffacé par l’humidité
puante, son vice lui collait à la peau. Et la table l’agressait, sans pitié,
sans hésitation, elle y allait de sa lumière pour alimenter les visions de
l’ingénue, elle faisait brillier son horreur. La table la caressait et
l’investissait de sa propre folie. Car, oui, elle était folle. A un tel point
que Séverine (le nom de la fille) explosa de folie, sécrétant ces liquides
infâmes qui pourissaient l’air déjà irrespirable. L’homme perdit le contrôle et
lacha prise.
Elle tomba à la renverse, s’abandonnant à elle-même, terrorisée et
souillée. Dans sa chute, elle brisa le marbre, elle brisa son enfer. De son
dos, elle sectionna la plaque ronde en cinq morceaux bien distincts. Elle
s’écroula devant nous, à la manière d’une blue note dans un douze-mesures, nous
assassinant littéralement d’un soulagement généralisé. Et les objets volaient
en éclats, et les montres cessaient leur tic-tac incessant, et les bijoux
perdaient toute valeur, et notre camarade s’évanouissait, tiède. Après une
dizaine de minutes, tous pétrifiés, nous avons esquissé un mouvement et nous
l’avons relevée. Après s’en être occupée, nous avons commencé à ramasser nos
affaires, dur retour à la réalité. Pourvu que rien ne soit brisé, pourvu que je
les retrouvent « comme neuf ». Ayant rassemblé toutes mes affaires,
j’avais juste perdu quelques piécettes, Ô joie. Dieu, vueillez pardonner mes
offenses. C’est alors que dans un dernier coup d’oeil, je pu lire une
inscription qui se trouvait gravée sur un des morceaux de l’ancienne table
bleue. Il était distinctement écrit : « Le bonheur est une idée
neuve ». C’est sûr, elle avait bien raison, rien n’était cassé, j’étais heureux.
Onicosmo, le 25/05/08.



