Silencio

Ceci est une réactualisation, un passage... Textes, humeurs, musique video et chroniques seront de mise! Bonne consultation

06 octobre 2007

Nuit - part [4] 1

La suite, encore... Voici le début du récit prosaïque. Bonne lecture

[4]

                Je suis rentré chez moi dans ce vieil appartement charmant. Mon petit divan en cuir m’avait manqué, il fallait que je me repose. Bizarrement, après une dizaine de minutes, tout me semblait neuf, comme si ça m’était sorti de la tête. Il y avait mes tableaux, ma bibliothèque avec mes bouquins fétiches, le tapis indien, les six cendriers, mon lecteur de vynile sous sa machine à rêves. J’ai mis un concerto et, soupirant, je me suis allumé une clope.  Elle m’a fait l’effet d’une bombe, je pense que j’ai somnolé pendant une petite demi-heure. Le téléphone sonne. « Ouais ? » - « Je peux venir maintenant ? » - « ok, à tout de suite. ». C’était Pinoko. Il faut que je me prépare.

            Elle est arrivée, s’est assise sur mes genoux, a allumé une fine cigarette. Elle avait ce côté si désirable que c’en était presque divin. Il suffisait de la regarder pour tomber sous le charme. Sa légère bouche ni trop humide ni trop sèche,  ses mains fragiles comme du cristal, et puis des cheveux noirs, un noir profond, puissant, ca lui donnait une apparence intelligente, intouchable. Et puis sa peau douce et fraiche soulignant les courbures de ses os lui donnait une forme magnifique. Sa poitrine était légère, toujours particulièrement bien mise en valeur par ses vêtements. J’aimais tous ses défauts, ses traits marqués, son menton plus long. Elle était loin d’être la perfection, heureusement. J’étais enchanté. Elle m’a embrassé comme à chaque fois, en me sucant légeremment la langue, c’était une sensation bizarre mais avec le temps, j’ai fini par adorer ça. On a fini notre clope, puis elle m’a demandé si j’allais mieux parce que j’avais l’air loin, enfoui quand elle est venue me chercher sur l’avenue 1. J’ai du mal à me souvenir mais je lui ai expliqué que j’avais été chez une amie et qu’on avait un peu trop bu, c’est pourquoi j’avais l’air absent. Elle a acquiescé  puis elle s’est levée, j’ai été mettre ce fabuleux morceau : « Sand dog blues », elle m’a poussé sur mon futon, et on a baisé, naturellement. – Mouvements frénétiques, bassin qui s’agite, transpiration, respiration accélérée et petits gémissements sans pareils, une montée, une descente, plusieurs fois jusqu’à passer le point de non-retour, jouissance extatique, le lacher prise, sourires -. On est resté éveillé pendant encore un quart d’heure. On s’est assoupi. A la frontière de mon sommeil, je me suis rappelé quelque chose. Quand j’étais chez cette amie, Chitose, on a fait de la méditation avec de l’encens à l’opium pendant plusieurs heures. Expérience très intense. Elle habitait au troisième dans un appartement obscur. Je déteste y entrer d’ailleurs car on se sent visé, cerné de partout. Il y a des petits bruits étranges, des voix et un effet de larsen saisissant dans le corridor. Après ces quelques heures méditatives, on a bu un thé au cactus et d’un coup, elle m’a sauté dessus ~ on a baisé dans un état second. J’ai eu des hallucinations, je voyais sans arrêt des scènes étranges et irrationelles, et puis cette fille, pas vraiment humaine, qui n’était pas sans me rappeler continuellement Pinoko, mais sous une autre forme. Elle m’a sucé, c’était terriblement spécial mais ca me plaisait, j’ai joui et elle a avalé ça comme un nectar divin, elle était presque en transe. Puis elle a viré démente, et lorsque je me suis relevé, elle m’a poussé et je suis tombé dehors, du troisième – sable, couleurs rouges et bleues, étoiles, ciel nocturne, et une forme – je ne parviens plus à me souvenir mais j’ai traversé une eternité, le décor a disparu au profit d’un vide étendu et tout vibrait, le néant chaudement glacial, puis la rue a changé, j’ai vu un homme mais impossible de me souvenir véritablement de quelque chose. Attérissage dans un tas de caisses en carton qui contenaient des lunettes, ce qui a amorti ma chute. Chitose n’est même pas sortie pour voir, j’ai allumé une clope et je suis parti vers l’avenue 1 rejoindre Pinoko. Cet épisode, je ne pourrais pas l’exprimer, j’ai d’ailleurs décidé de garder ceci pour moi. Mais, Putain ! Je comprends rien. J’ai caressé le ventre puis les seins de Pinoko et je me suis endormi, ça faisait longtemps.

La nuit, chaque seconde est une heure et chaque heure, une pensée.

                                                                                                                      Ptrine_01 

Posté par onicosmo à 17:56 - Nuit - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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